Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix d’Italie

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix d’Italie

Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les tops et les flops identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être applaudi ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : Une 10e victoire historique pour Max Verstappen, une 15e pour Red Bull

Les records de Sebastian Vettel et d’Alberto Ascari (9 victoires consécutives en F1) sont de l’histoire ancienne. L’exploit, absolument historique, a été validé par Max Verstappen à Monza : une 10e victoire de rang en F1. Il est d’ailleurs à rapprocher de la 15e victoire de rang de Red Bull en F1 (à cheval sur la fin de saison dernière) : là encore, c’est du jamais vu. Depuis le Grand Prix du Brésil, l’an dernier, les Red Bull n’ont pas été vaincues en F1.

Cette 10e victoire d’affilée pour Max Verstappen est d’autant plus belle qu’elle n’a pas été facile à aller chercher. Le pilote Red Bull a été battu en pole, ce qui est déjà peu usuel ; mais a ensuite dû attendre une quinzaine de tours pour aller chercher la tête de course, ce qui l’est encore moins. La vitesse de pointe de la Ferrari, l’efficacité moins marquée du DRS à Monza en raison des réglages avec si peu d’appui aérodynamique, ont ainsi rendu la vie (un peu plus) difficile qu’à l’accoutumée pour Max Verstappen.

La tenue des gommes restait cependant meilleure pour le Néerlandais et sa victoire ne faisait aucun doute, malgré une petite alerte de surchauffe en fin de Grand Prix. Mais peu importe les péripéties de Grand Prix : ce que l’histoire retiendra, c’est ce 10e succès de rang… avant un 11e, un 12e, un 13e, etc. ?

Top n°2 : Sainz, son meilleur week-end avec Ferrari ?

Depuis peut-être le Grand Prix à Monaco, où Fernando Alonso avait menacé la victoire de Max Verstappen, on n’avait jamais vu une équipe aussi proche de Red Bull en performance pure. Car c’est bien Ferrari qui sur ses terres à Monza, s’est montré la plus véloce des équipes derrière Red Bull. Au point de ravir la pole à Max Verstappen.

Et surprise : là où on attendait Charles Leclerc, ce fut Carlos Sainz qui signa le meilleur tour, en limitant notamment les pertes dans le deuxième secteur (celui avec le plus de virages, où la Red Bull brillait davantage). Charles Leclerc l’a volontiers reconnu après le week-end : Carlos Sainz a été le meilleur pilote Ferrari, de bout en bout, du vendredi midi au dimanche après-midi. Sainz a ainsi eu le plaisir, entièrement mérité, de mener la course devant les tifosi, avant de devoir céder, victime notamment d’une usure des gommes trop prononcé (il avait tout de même trop tiré sur ses gommes pour défendre).

Celui qui a gagné le titre de nouveau « ministre de la Défense » de l’Espagnol, après Sergio Pérez pour le Mexique, a-t-il réussi son meilleur week-end chez Ferrari ? Voire son meilleur week-end en F1 ? Certes il n’y avait pas une victoire comme à Silverstone l’an dernier, mais Sainz trouvait la question légitime : « Meilleur Grand Prix de cette année, c’est sûr, de ma carrière chez Ferrari probablement. De ma carrière en F1, c’est difficile à dire, mais j’ai eu l’impression ce week-end d’être dans le coup dès le début, d’être à l’aise avec la voiture, surtout sur un tour. Je me sentais vraiment, vraiment à l’aise. »

Le point noir pour Ferrari aurait pu être les affrontements fratricides en fin de Grand Prix entre Charles Leclerc et Carlos Sainz. Mais tout s’est bien terminé, sur la piste, comme en dehors, où les deux pilotes disaient avoir apprécié leurs batailles croisées.

Top n°3 : Alexander Albon répond aux (hautes) attentes placées en lui

6e place en qualifications, 7e place en course : ces deux résultats, impressionnants, d’Alexander Albon ce week-end, étaient presqu’attendus ! Il faut dire qu’après le week-end déjà réussi de Zandvoort, le Thaïlandais savait qu’il aurait les armes pour davantage briller encore, avec la formidable vitesse de pointe de sa Williams.

Pourtant, signer de pareils résultats n’avait rien d’une évidence ou d’une formalité dans une Williams, surtout face aux McLaren. Le dimanche de Grand Prix d’Alexander Albon l’a en particulier rappelé : le pilote Williams a livré une course peu plaisante, devant gérer à la fois l’usure des gommes (il s’était arrêté tôt) et la pression des McLaren, puis de Lewis Hamilton derrière lui.

Et il l’a gérée en ne commettant, de nouveau, aucun impair, aucune erreur. C’est un sans-faute pour Alexander Albon qui ne pouvait sans doute pas espérer un meilleur résultat ce week-end. On s’habitue presque à l’excellence du Thaïlandais. Albon ne le cache plus, il veut rejoindre une des écuries de pointe à l’avenir : avec de telles performances, c’est en bonne voie.

Les flops

Flop n°1 : Alpine boit la tasse – mais comme attendu

Il y a encore un an, Alpine pouvait briller dans les circuits comme Monza ou Spa, demandant une bonne vitesse de pointe en lignes droites. Cette année, l’unité de puissance Alpine semble bien repassée nettement derrière la concurrence – justifiant la volonté de Renault de procéder à un rééquilibrage des performances moteur.

Sur un circuit typé moteur donc, aucune Alpine n’est passé en Q2. C’est une première pour l’équipe depuis… le Grand Prix de Singapour 2016 (avec Kevin Magnussen et Jolyon Palmer qui couraient pour Renault). Il était cependant attendu qu’Alpine dévisse en ce week-end de Monza. « Nous avons abordé le week-end en sachant qu’un défi nous attendait compte tenu de la nature du circuit et cela a bel et bien été le cas » confirmait Bruno Famin. « En tant qu’équipe, c’était assurément un week-end riche d’apprentissages sur lesquels nous pourrons nous appuyer lors des prochaines épreuves sur des tracés similaires à celui de Monza. »

En réalité, pour bien performer, et comme le confirmait Pierre Gasly après son podium de Zandvoort, Alpine a besoin de conditions particulières (notamment de la pluie) et d’un tracé plus sinueux. S’il pleut à Singapour, ce sera donc un gros résultat !

Flop n°2 : Le week-end transparent d’Alonso – mais c’était également attendu

Autre équipe qui savait qu’elle serait en difficulté à Monza : Aston Martin F1. La voiture verte, même après avoir reçu son gros package d’évolutions à Zandvoort, a besoin de circuits plus sinueux pour briller, et n’aime pas les lignes droites.

Fernando Alonso a certes poursuivi sa série de Q3 (100 % de Q3 en 2023) samedi dernier… mais n’était jamais parti d’aussi loin que sa 10e place. En course, l’Espagnol a essayé ensuite d’exister et grâce à une excellente usure des gommes, a pu se mêler à la bataille Alexander Albon-Lando Norris en fin d’épreuve. Mais c’était pour des broutilles, selon les standards 2023 d’Alonso.

« Ça a été la course la plus difficile et la plus physique que nous ayons connue jusqu’ici » confirmait Fernando Alonso. « La voiture était très difficile à piloter. A Monza, nous savions que nous pourrions rencontrer quelques problèmes. » Mais l’Espagnol est aussi optimiste, notamment pour Singapour et Suzuka : « Les autres courses du calendrier sont peut-être un peu plus adaptées à nos caractéristiques. Après cette course, nous devrions donc être un peu plus optimistes. »

Flop n°3 : Logan Sargeant doit faire mieux

Plus que jamais sous pression pour conserver son baquet, Logan Sargeant n’est pas parvenu à entrer en Q3 ou dans les points à Monza. Alors même que son coéquipier, Alexander Albon, prouvait une fois de plus de quoi cette Williams était capable.

Sans être infamante, la prestation de l’Américain en Q2 était nettement insuffisante : il échoua à 7 dixièmes d’Alexander Albon, un écart conséquent sur un circuit avec peu de virages et relativement court. Ce qui compromit tout espoir réel de signer un bon résultat pour Williams le lendemain.

Récemment, Logan Sargeant confiait son envie de transformer les progrès en « résultats. » À Monza, il n’y a eut ni l’un ni l’autre.

Les déclarations de James Vowles, avant la course, sont d’autant plus inquiétantes pour lui. Voici ce que disait en effet le directeur d’écurie : « Les commentaires que je lui ai faits sont les suivants : ’C’est une méritocratie – tu n’es pas ici simplement parce que nous voulons que tu sois ici, tu dois mériter ta place.’ Il y avait quelques points disponibles à Zandvoort pour lui si tout s’était parfaitement déroulé, il y en a aussi de disponibles ce week-end à Monza. Qu’il les prenne. C’est ainsi qu’il poursuivra son chemin en Formule 1. »

On demande à voir…

Les performances catastrophiques de Stroll expliquées par son vendredi blanc ?

Lance Stroll a connu un vendredi catastrophique à Monza. En EL1, il n’avait pas roulé, comme prévu, pour laisser la place au rookie Felipe Drugovich. Mais en EL2, en raison d’une panne moteur, le Canada put faire à peine une poignée de tours. Clairement insuffisant en vue de se préparer pour le reste du week-end.

Mais cela explique-t-il, ou excuse-t-il, un pareil écart de performance avec Fernando Alonso, le reste du week-end ? En Q1, Stroll finit par exemple à 8 dixièmes de son coéquipier. Sur un circuit aussi court et aussi connu pour Stroll, de surcroît sur un tracé où les écarts sont normalement faibles, on était tout de même en droit d’attendre mieux. Stroll finit même bon dernier, à trois dixièmes de Kevin Magnussen, l’écart le plus conséquent sur la grille.

D’ailleurs Stroll lui-même ne pensait pas que son manque de roulage le vendredi expliquait toute sa mauvaise performance du samedi : « C’était vraiment délicat. Je ne ressens tout simplement aucune adhérence dans la voiture. Je ne sais pas si c’est le fait qu’il n’y a pas eu de tours hier pour moi, je n’ai tout simplement pas compris, mais nous devons examiner ce qui s’est passé car je pense que c’est la pire séance que nous ayons jamais eue. Je n’ai pas fait grand-chose hier mais je pense qu’il se passait quand même quelque chose aujourd’hui dans la voiture. »

Qu’est-ce qui cloche avec Lance Stroll ? À l’heure où les interrogations foisonnent sur son manque de motivation, sur son avenir, ou tout simplement sur la pertinence, pour Aston Martin F1, de prolonger un pilote moyen de milieu de grille, cette performance catastrophique ne laisse pas d’interroger. On en saura sans doute davantage au prochain Grand Prix, sur un tracé aussi sélectif que celui de Singapour.

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